coups de coeur du forum

Alexandre Moine, l’éditorial de septembre

Besançon, le Doubs et le Parc Micaud depuis l’Office du Tourisme ©Marcel Schiess

L’Arc jurassien franco-suisse constitue un territoire de coopération pour le moins complexe à aborder. Le Forum Transfrontalier, actif depuis bientôt dix ans sur cette scène, ne ménage pas ses efforts pour faire reconnaître la nécessité de créer des liens autour d’une identité transfrontalière qui demeure à bâtir.

Disons le d’emblée, les obstacles sont nombreux : faibles densités, complexités des systèmes institutionnels, mobilisation politique disparate, citoyens difficiles à toucher, etc. ; pour autant le travail de fonds entrepris porte ses fruits. De cycles thématiques pertinents (communication transfrontalière, petites coopérations, etc.) en cycles carrément innovants (identité, le Doubs miroir), le Forum Transfrontalier a adressé régulièrement des manifestes afin d’inviter les différents acteurs de la coopération à changer de regard, à créer des dispositifs innovants, à se décaler par rapport aux habitudes.

Force est de constater cependant, une forte inertie, au sein d’un territoire où les habitudes politiques sont transfrontalières de manière aléatoire ; où les habitudes économiques sont transfrontalières par opportunité, et enfin où les habitudes citoyennes sont transfrontalières par besoin, envie et opportunités mêlées.

Les positionnements des uns et des autres ne sont pas simples et nous avons eu l’habitude de jouer la carte de l’impertinence, de l’aiguillon, qui sied à la société civile. Les résultats sont variables, entre indifférence, intérêt poli, et adhésion, alors qu’il est urgent de traiter la dimension transfrontalière de manière totale et engagée. Nous regrettons les faibles moyens accordés à la coopération institutionnelle, tout comme nous regrettons encore plus vivement la faiblesse des liens qui lient notre action, ses résultats, et les instances décisionnelles.

Avec de faibles moyens financiers, nous labourons avec constance et semons les graines pour accompagner la cohésion d’un territoire transfrontalier. Nous récoltons des données et des informations tout à fait primordiales, mais sommes conscients que sans relais efficaces, constants et engagés, et sans reconnaissance de ce travail à sa juste valeur, les résultats demeureront confidentiels et sans impact notable sur le développement transfrontalier et le « bien vivre ensemble » des populations de l’Arc jurassien.

Pourtant, il nous semble possible d’atteindre certains objectifs, mais cela nécessite un relais institutionnel fort. Le temps est certainement venu d’accorder plus de moyens à ceux qui font la coopération, qui s’engagent sur des projets qui fédèrent plus qu’ils ne divisent, au risque sinon de voir les énergies s’éteindre.

Alexandre Moine, Président du Forum transfrontalier Arc jurassien
Besançon, septembre 2016

+ Le manifeste: à saute-frontière
+ Les coopérations de proximité dans l’Arc jurassien franco-suisse: un enjeu de la cohésion sociale transfrontalière

Une réflexion au sujet de « Alexandre Moine, l’éditorial de septembre »

  1. Sire Gabriel

    La frontière est souvent matérialisée par des obstacles naturels, montagnes, fleuves, rivières et ruisseaux, parfois par une ligne imaginaire. Les problématiques contemporaines s’ouvrent sur l’universalité des défis que nous devons surmonter ; pollution de l’air, traitement des déchets, gestion de l’eau douce, en qualité et en quantité, médecine de proximité, mobilité des biens, des personnes et des idées etc.…la frontière n’existe plus sous la forme qu’elle représentait dans les siècles passés mais doit devenir, par la confrontation de points de vue différents, le creuset d’une nouvelle vision du monde qui se présente à nous.

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