Alors que je me dirige vers Morteau depuis Besançon en cette soirée du 28 mai 2026, je prends en stop un jeune homme à Valdahon et naturellement nous engageons rapidement une conversation autour des raisons de nos déplacements respectifs. Je le questionne sur son emploi, il est horloger… où travaille-t-il ?
En Suisse, plus précisément aux Brenets. Il est originaire de Rennes formé dans sa ville de naissance et mortuacien depuis trois ans… Il va travailler en vélo dans une entreprise qui emploie 36 français… pour 38 postes de travail. Le travail frontalier en Suisse est un fait d’ampleur, ils sont plus de 400 000 en Suisse à se rendre tous les matins sur le lieu de travail… Alors que les idées rances d’extrême droite veulent nous faire croire qu’il faut lutter contre ce phénomène, la réalité, têtue, nous montre qu’il est structurel et fondamentalement en lien avec un manque de compétences de la part des résidents en Suisse au regard de certains emplois indispensables, ce qu’explique en partie un défaut de formation mais également un manque d’appétence des suisses pour certains métiers. Alors félicitons-nous de pouvoir compter sur des personnes qui acceptent de longs trajets, ne contribuent pas à augmenter la pression sur un foncier qui est compté en Suisse, et s’intègrent parfaitement sur le sur lieu de travail et plus largement au sein des sociétés locales qu’ils cotoient. Alors que la votation proposée le 14 juin prochain risque d’entraîner la Suisse dans un enfermement mortifère nous pensons, au Forum Transfrontalier, qu’il s’agit au contraire de créer des liens, d’accueillir. Stéphane BERDAT nous montre que les conséquences ne sont pas forcément celles qu’on attend d’un point de vue strictement des frontaliers… qui par ailleurs font l’objet de beaucoup d’attentions tant dans la presse régionale que dans les publications en librairie. En témoigne ce prochain livre qui paraîtra en septembre pour démonter quelques idées toutes faites à ce propos… Et c’est une bande dessinée qui devrait faire l’unanimité des avis, soutenue entre autres partenaires, par le Forum Transfrontalier, évoquant ce qui nous unit dans l’histoire longue de l’Arc jurassien franco-suisse. Enfin Walter TSCHOPP nous rend compte d’un évènement impliquant français et suisses autour de la célébration de la mort de Toussaint Louverture… sans que la parole soit donnée aux représentants haïtiens !
Alexandre MOINE


























