Manifeste: Vers une communication transfrontalière

© Marcel Schiess
© Marcel Schiess

La communication est la clé de voûte du développement transfrontalier

VUE D’ENSEMBLE DES DECLARATIONS DES TROIS SESSIONS DU CYCLE 2012/13

Une communication à l’écoute des habitants est la clé de voûte d’un territoire transfrontalier. Ce Manifeste synthétise l’ensemble des conclusions des trois Sessions du Cycle «Communication» successivement tenues à La Chaux-de-Fonds, Montbéliard et Besançon en 2012 et 2013. Il regroupe les trois Déclarations de Sessions en un document d’ensemble dédié au Cycle. Les considérants des trois Sessions sont développés par leurs Déclarations.

  • Le développement transfrontalier vit de la communication qui anime ses acteurs et ses usagers. Une communication à l’écoute des acteurs transfrontaliers révèle leurs nouveaux usages, sources d’équilibres et d’innovation. Elle est garante de la vitalité propre à ce territoire. Elle gagne en notoriété. Les espaces territoriaux et mentaux sont organisés par la communication qui les traverse. Or, quel est le regard collectif porté sur ces espaces de vie, sur ces territoires transfrontaliers vivants et en mutation continuelle?
  • Cette communication est vivifiée par les citoyens qui la vivent, en parlent et la commentent, à la maison, dans le bus, dans le train, en voiture, au magasin, au téléphone, à l’apéritif, à table, au bureau
  • Elle est portée par la presse locale, par la régularité de ses rubriques transfrontières, par la coproduction de deux titres similaires de part et d’autre de la frontière, et aussi par une Charte rédactionnelle qui assure la pérennisation des lucarnes transfrontières
  • Elle est enfin diffusée par les Institutions en direction des citoyens

Qu’en est-il dans l’Arc jurassien ?

Le discours transfrontalier y est-il vivant ? La session 1 du Cycle, à La Chaux-de-Fonds, a été consacrée à l’analyse du discours public dans les divers espaces de communication. A l’issue de la session, la frontière apparait très flottante, diverse surtout, successivement niée, stigmatisée, bricolée et organisée. Elle pourrait être maîtrisée et pilotée

La presse transfrontière y est-elle active ? Très peu. Premier étonnement. Mais la session 2 aura permis de créer un déclic. Plusieurs titres ont déclaré vouloir mettre en oeuvre les propositions transfrontières faites à Montbéliard

Les Institutions y communiquent-elles un regard transfrontalier aux citoyens ? Ici aussi, le déficit est évident. Second étonnement. La session 3 n’a enregistré que quelques rares Institutions sensibles à cette ouverture. Mais le sursaut est envisageable. A Besançon, diverses résolutions ont été prises par les Institutions

En résumé, la communication transfrontière est variable: objet de débat fréquent dans les zonesfrontières; objet particulièrement négligé par les titres de la presse écrite, radio et télévisée, locale, régionale et nationale; enfin objet curieusement oublié par les Administrations publiques.

VERS UN EFFET-FRONTIèRE MAÎTRISÉ

La frontière racontée par ceux qui la vivent

INTRODUCTION

La frontière est un puissant organisateur de l’espace géographique: elle organise l’espace mental des citoyens; elle conditionne les stratégies des acteurs de terrain; elle justifie les calculs des planificateurs; elle influence les décisions des politiques. Il y a effet-frontière.

Organisées autour de cinq échelons institutionnels emboîtés, les représentations transfrontalières sont complexes, et multiples sont donc les actions et les conduites possibles générées par cet effet-frontière.

La frontière est simultanément niée, stigmatisée, bricolée et parfois organisée. Elle peut être maîtrisée. Voici les réactions recueillies par le Forum transfrontalier le 15 mars 2012 à La Chaux-de Fonds.

POSTULATS

  1. L’espace transfrontalier vit: de multiples témoignages de vie quotidienne attestent de cette vitalité
  2. La région transfrontalière est un espace perçu pertinent par un nombre grandissant de citoyens comtois et arcjurassiens suisses
  3. Cet espace est «bricolé»; la frontière exerce des effets quotidiens de plus-value et de contrainte à la fois; des usages détournés de la frontière sont les stratégies les plus usuelles
  4. Cet espace «bricolé» s’est récemment transformé en un «territoire de projets»; l’amorce en a été faite au début des années 1980 par la CTJ; les travaux du Forum transfrontalier animent cet espace depuis 2007
  5. Un développement de cet «espace de projets» induit par une gouvernance d’un «projet de territoire» n’est pas d’actualité
  6. Le principe de «coopétition» prime sur ceux de gouvernance et de «co-développement»

CH – La Chaux-de-Fonds, le 15 mars 2012

Le président, Jacques-André TSCHOUMY, Neuchâtel
Le vice-président, Alexandre MOINE, Besançon

 

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